Par: Raymond Gabriel

Que ce soit par nécessité ou conviction, vouloir se chauffer au bois dans une Tiny House est un choix qui demande un certain matériel, du bois à brûler, et le minimum de savoir-faire, que ce soit pour son installation et sa conduite. Cet article ne prétend pas vous donner toutes les solutions et encore moins vous dire quel modèle acheter, mais des paramètres à prendre en compte. C’est aussi à vous de chercher ce dont vous avez besoin, après avoir vérifié si cette idée convient à votre style et votre projet de vie.

Cet article se divise en 4 chapitres :
Choisir un foyer / Installer le foyer / Le bois de chauffage / Améliorer le chauffage.

Choisir un foyer

J’utilise le mot « foyer » pour ne pas dire poêle, mais cela revient au même : il s’agit d’un engin de chauffage au bois qui a une porte, vitrée ou pas.
Le contexte de la Tiny House, c’est vouloir chauffer un volume relativement restreint, isolé, mais sans inertie thermique. Ce dernier point signifie que dès que le chauffage est coupé (quel qu’il soit) la température baisse inexorablement. Or la puissance des foyers à bois « normaux » qu’on trouve dans le commerce est souvent beaucoup trop élevée par rapport au volume de chauffe de la Tiny House. De plus le poids des foyers peut rapidement dépasser 100 kg, ce qui n’est « pas très Tiny ». Mais il en est qui existent dont le poids se situe aux alentours de 50 à 80 kg. C’est la masse du foyer et la nature des matériaux qui le composent qui conditionnent son inertie thermique. En d’autres termes, plus il est lourd, plus il sera capable de restituer de la chaleur après extinction. Générer un feu « qui dure longtemps » n’est pas facile, car il ne suffit pas de réduire l’allure du feu en réglant le tirage au minimum. La longévité du feu dépendra aussi de la qualité du poêle (son étanchéité) et de la qualité du carburant. En plus s’ajoute un autre problème : il n’est pas très bon de faire couver un feu dans un foyer. Non seulement ça pollue (combustion incomplète) mais il y a risque d’encrassement des conduits. Il est donc nécessaire de conserver une allure optimale au feu. Il faut donc trouver un équilibre entre la puissance minimale du foyer (concrètement 3 à 4 kilowatt environ, réglable à 2 kilowatt, ce serait idéal !) et son poids (pas trop lourd pour le PTAC, pas trop léger pour avoir quand même un peu d’inertie thermique. A cela s’ajoutent d’autres détails qui ne manquent pas d’importance : la taille générale du foyer (son encombrement), mais aussi la taille de la zone de combustion qui conditionne la taille des bûches, ainsi que sa forme : quand on se chauffe, il est agréable de pouvoir cuisiner dessus ou faire chauffer de l’eau (c’est un bon exemple de cogénération !), donc avoir un dessus si possible plat. Certains foyers donnent le choix entre poser le tuyau sur le dessus, ou sur l’arrière, ce qui est avantageux. Sur la puissance, qui est donc souvent trop importante dans les foyers « du commerce » il existe un moyen de réduire quelque peu le problème : réduire la taille des bûches par rapport à ce que le foyer est capable d’avaler. Par exemple dans un petit foyer qui accepte des bûches de 33 cm on peut faire un « petit feu intense » avec des morceaux de 20 cm : la combustion sera plus complète, et le fait que le carburant est en moins grande quantité fait que la puissance sera moins grande. Cela ne règle pas pour autant le problème de la longévité du feu : il faut recharger souvent, et la nuit, le feu s’éteint au bout de quelques heures. Pratiquement aucun foyer du commerce ne dépasse concrètement 5 à 6 heures en autonomie. Peu chargé en bois (pour ne pas mourir de chaud !) il tiendra encore moins. Il existerait des « mini poêles » outre-Atlantique, très mignons, dédiés au « camping » mais le peu d’images que j’ai vu montre une inertie quai nulle (on devine un poids faible) et surtout une zone de combustion qui oblige à brûler des morceaux minuscules, ce qui n’est pas sans poser de problème. Autre paramètre pour le choix de votre foyer, si le foyer a une porte vitrée, c’est aussi bien ! L’obsession de la « vitre propre » vantée par certaines marques ne doit pas être un paramètre essentiel. Un bon coup de chiffon humide de temps en temps après une séance de feu intense (pyrolyse !) suffira bien. Ne foncez pas forcément sur un vieux poêle d’il y a 40 ans même s’il est trop mignon : il n’a certainement pas le même rendement que son équivalent actuel, il est peut être abimé, fêlé. Au fait, c’est quoi le rendement ? C’est la chaleur « utile » que produira effectivement votre foyer, le reste c’est ce qui s’en va par la cheminée. En gros, les foyers modernes que l’on trouve dans le commerce, labellisés ou pas, ont un rendement de 70 à 80% environ. Un vieux poêle-machin qui ferme mal entre 30 et 50%, une cheminée ouverte : 5% !

Et les foyers à pellets ? Les pellets, ce sont ces petits granulés de bois (de résineux ! voir plus bas…) compressés vendus en sac. Avant tout, il faut se souvenir que le foyer à pellets ne fonctionne que si vous avez de l’électricité ! Je ne connais pas à ce jour de poêle à pellets qui fonctionne sans. L’électricité sert au fonctionnement du foyer (allumage automatique, alimentation du feu par thermostat, mais aussi la ventilation) On alimente le foyer par un réservoir. C’est de loin la solution la plus pratique, car la puissance est réglable, le combustible est facile à transporter et à trouver si on voyage, le rendement est supérieur (80 à 90%) mais bien sûr être relié au 220 V est indispensable pour cette option.

Pour résumer, choisir un foyer de petite puissance, pas trop lourd ni encombrant, capable de brûler des bois en 33 cm, et pourvu d’un dessus plat. En 2017, on trouve des petits foyers qui vont de 500 euros environ à plus de 300 : il est important de faire la différence entre les qualités essentielles de votre foyer et son design !

Installer son foyer

Il faut trouver une place idéale pour votre foyer dans votre architecture intérieure : vous allez vivre avec lui !
Installer un foyer, c’est forcément prévoir un « échappement », à savoir un tuyau d’évacuation qui va communiquer avec l’extérieur. A la sortie du foyer, le trou d’échappement se connecte à un tuyau de poêle, qui vient s’emmancher dans un conduit spécial qui est isolé au contact du plafond ou de la paroi de votre habitacle. Il est interdit et exclu d’utiliser des conduits de diamètre inférieur au trou de sortie du foyer. A l’extérieur, ce tuyau (forcément amovible si vous bougez) doit avoir une hauteur au moins supérieure au faîtage de votre Tiny pour permettre un tirage correct sans interférence avec votre toit et bien sûr il doit avoir un chapeau pour que la pluie n’y rentre pas. Bien entendu, un conduit qui mesure 2 mètres entre la sortie du poêle et le haut de la cheminée tirera beaucoup moins (jusqu’à compromettre le fonctionnement du foyer ?) qu’un conduit qui fait 4 mètres…

Que ce soit le positionnement de votre foyer par rapport à la cloison et la pose des conduits, il est absolument nécessaire de bien réaliser ce genre de travaux dans les règles de l’art ! Rien n’interdit de le faire soi-même, mais il y a des normes à respecter, en particulier sur l’éloignement des parties chaudes par rapport aux zones inflammables ou dommageables par la chaleur, comme dans toute construction classique.

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